Hydrogène naturel : la ressource pour verdir la planète


Aujourd’hui, les pouvoirs publics ne jurent que par l’hydrogène manufacturé. Selon eux, il est le candidat parfait pour la transition énergétique. Ce qui est en partie vraie. Mais l’on pourrait être plus ambitieux pour la planète avec l’hydrogène naturel, encore plus vertueux.

Les majors commencent à s’y intéresser

Encore réticents il y a quelques années, les cadors de l’énergie ont commencé à s’intéresser à l’hydrogène ces derniers mois. Total notamment, pointé du doigt par toutes les ONG environnementales, a enfin compris que l’exploitation de ce gaz pourrait faire du bien à la planète.

« La filière hydrogène mérite d’être regardée de plus près », a déclaré le PDG du groupe énergétique, Patrick Pouyanné, lors d’un colloque de l’Union française de l'électricité (UFE), organisé le 3 décembre 2019. Le dirigeant fait référence à l’hydrogène synthétisé par l’électrolyse de l’eau, moins polluante que celui produit par les énergies fossiles. L’électricité utilisée par cette technique provient des d’éoliennes ou des panneaux solaires.

Mais l’on a encore mieux que ce procédé qui pompe l’eau. Sous terre se trouve une ressource qui ne nécessite pas tant d’efforts et de moyens. Sa transformation est moins couteuse et elle ne rejette aucun gaz à effet de serre en plus d’être renouvelable. Il s’agit de l’hydrogène naturel.

Alain Prinzhofer promeut l’hydrogène naturel

Il y a dix ans, la communauté scientifique doutait de son existence même sur les continents. Elle a toujours estimé que ce gaz ne se trouvait que dans les océans, à des profondeurs inaccessibles. Mais la découverte d’émanations d’hydrogène naturel en Russie fera mentir les scientifiques.

Le géologue Alain Prinzhofer, professeur affilié à l'Institut de physique du globe de Paris et à l'université de Paris VII, directeur scientifique de GEO4U se rendra en Russie pour constater de lui-même le phénomène, à l’invitation de ces collègues russes.


Peu après, il produira, en collaboration avec Éric Deville, l’ouvrage intitulé « Hydrogène naturel : la prochaine révolution énergétique ? ». Ce livre a fait l’effet d’une bombe et propulsé une ressource dont l’existence fut niée pendant longtemps.

Pour le moment, les industriels hésitent à se lancer dans l’exploration et l’exploitation de l’hydrogène naturel. Ils souhaitent davantage de connaissances sur cette ressource, notamment son mode de génération et son fonctionnement.

L’exemple malien est parlant

Au Mali, un entrepreneur n’a pas attendu des recherches plus poussées pour commencer l’exploitation de l’hydrogène naturel. Aliou Boubacar Diallo a fondé la société Hydroma SA, qui produit de l’électricité verte depuis 2011 pour le village de Bourakébougou (Mali) à partir d’une unité pilote. Fin 2019, l’entreprise s’est lancée dans une exploitation à l’échelle industrielle. L’objectif à court terme est de résoudre le déficit énergétique du Mali.