La pédagogie Freinet

La pédagogie Freinet repose sur une grande autonomie laissée à l’enfant dans son apprentissage et son implication dans la vie de la classe.

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Célestin Freinet a passé sa vie à étudier la pédagogie

Qui est Freinet ?

Célestin Freinet (1896-1966) est le fondateur de la pédagogie Freinet. C’est un instituteur qui a été blessé pendant la première guerre mondiale. De retour devant sa classe, il est dans l’impossibilité de continuer à effectuer son travail comme avant. C’est pour cela qu’il développera sa pédagogie, dans laquelle l’enfant est très autonome, que ce soit dans la gestion de son apprentissage ou de la vie de classe.

Les invariants de Freinet

Freinet a posé une liste de 30 invariants, 30 affirmations qui s’appliquent à tous les enfants, dans toutes les écoles. Ils forment la base de sa pédagogie.

  1. L’enfant est de la même nature que l’adulte.
  2. Être plus grand ne signifie pas forcément être au-dessus des autres.
  3. Le comportement scolaire d’un enfant est fonction de son état physiologique, organique et constitutionnel.
  4. Nul – l’enfant pas plus que l’adulte – n’aime être commandé d’autorité.
  5. Nul n’aime s’aligner, parce que s’aligner, c’est obéir passivement à un ordre extérieur.
  6. Nul n’aime se voir contraint à faire un certain travail, même si ce travail ne lui déplaît pas particulièrement. C’est la contrainte qui est paralysante.
  7. Chacun aime choisir son travail, même si ce choix n’est pas avantageux.
  8. Nul n’aime tourner à vide, agir en robot, c’est-à-dire faire des actes, se plier à des pensées qui sont inscrites dans des mécaniques auxquelles il ne participe pas.
  9. Il nous faut motiver le travail.
  10. Plus de scolastique. 10 bis.Tout individu veut réussir. L’échec est inhibiteur, destructeur de l’allant et de l’enthousiasme. 10 ter. Ce n’est pas le jeu qui est naturel à l’enfant, mais le travail.
  11. La voie normale de l’acquisition n’est nullement l’observation, l’explication et la démonstration, processus essentiel de l’École, mais le Tâtonnement expérimental, démarche naturelle et universelle.
  12. La mémoire, dont l’École fait tant de cas, n’est valable et précieuse que lorsqu’elle est vraiment au service de la vie.
  13. Les acquisitions ne se font pas comme l’on croit parfois, par l’étude des règles et des lois, mais par l’expérience. Étudier d’abord ces règles et ces lois, en français, en art, en mathématiques, en sciences, c’est placer la charrue devant les bœufs.
  14. L’intelligence n’est pas, comme l’enseigne la scolastique, une faculté spécifique fonctionnant comme en circuit fermé, indépendamment des autres éléments vitaux de l’individu.
  15. L’École ne cultive qu’une forme abstraite d’intelligence, qui agit, hors de la réalité vivante, par le truchement de mots et d’idées fixées par la mémoire.
  16. L’enfant n’aime pas écouter une leçon ex cathedra.
  17. L’enfant ne se fatigue pas à faire un travail qui est dans la ligne de sa vie, qui lui est pour ainsi dire fonctionnel.
  18. Personne, ni enfant ni adulte, n’aime le contrôle et la sanction qui sont toujours considérés comme une atteinte à sa dignité, surtout lorsqu’ils s’exercent en public.
  19. Les notes et les classements sont toujours une erreur.
  20. Parlez le moins possible.
  21. L’enfant n’aime pas le travail de troupeau auquel l’individu doit se plier comme un robot. Il aime le travail individuel ou le travail d’équipe au sein d’une communauté coopérative.
  22. L’ordre et la discipline sont nécessaires en classe.
  23. Les punitions sont toujours une erreur. Elles sont humiliantes pour tous et n’aboutissent jamais au but recherché. Elles sont tout au plus un pis-aller.
  24. La vie nouvelle de l’École suppose la coopération scolaire, c’est-à-dire la gestion par les usagers, l’éducateur compris, de la vie et du travail scolaire.
  25. La surcharge des classes est toujours une erreur pédagogique.
  26. La conception actuelle des grands ensembles scolaires aboutit à l’anonymat des maîtres et des élèves ; elle est, de ce fait, toujours une erreur et une entrave.
  27. On prépare la démocratie de demain par la démocratie à l’École. Un régime autoritaire à l’École ne saurait être formateur de citoyens démocrates.
  28. On ne peut éduquer que dans la dignité. Respecter les enfants, ceux-ci devant respecter leurs maîtres est une des premières conditions de la rénovation de l’École.
  29. L’opposition de la réaction pédagogique, élément de la réaction sociale et politique est aussi un invariant avec lequel nous aurons, hélas ! à compter sans que nous puissions nous-mêmes l’éviter ou le corriger.
  30. Il y a un invariant aussi qui justifie tous nos tâtonnements et authentifie notre action : c’est l’optimiste espoir en la vie.
 
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Freinet travaille beaucoup avec l’imprimerie

La méthode naturelle

Le travail se fait beaucoup par des recherches et des enquêtes personnelles, mais aussi avec des fichiers auto-correctifs, des outils de gestion du travail comme des plannings individuels et de groupe, des outils de production tel que des caméras vidéos ou encore des outils de documentation.

La lecture se fait par auto-apprentissage à l’aide de récits de la vie des enfants ou encore d’une correspondance scolaire.

Aucune, absolument aucune des grandes acquisitions vitales ne se fait par les procédés apparemment scientifiques. C’est en marchant que l’enfant apprend à marcher ; c’est en parlant qu’il apprend à parler ; c’est en dessinant qu’il apprend à dessiner. Nous ne croyons pas qu’il soit exagéré de penser qu’un processus si général et si universel doive être exactement valable pour tous les enseignements, les scolaires y compris.
La méthode naturelle est donc basée sur la loi du tâtonnement, c’est-à-dire que les enfants apprennent par l’expérimentation, que ce soit les gestes du quotidien ou les disciplines scolaires.
La pédagogie Freinet laisse une grande place aux projets individuels. Ils sont basés sur le principe du tâtonnement et sont indispensables à la bonne vie du groupe-classe.

La société classe et la pédagogie coopérative

Dans une école Freinet, la classe est perçue comme une société à part entière. Le but de l’enseignant est de valoriser le positif chez chaque enfant plutôt que de chercher à modifier sa personnalité. Ainsi, tous les enfants ont l’occasion de trouver leur place au sein du groupe.

Le groupe fonctionne avec des président, trésorier, secrétaire… qui sont élus. L’ordre du jour est issu d’une boîte à idée. Une fois celle-ci expliquée par son auteur, c’est le groupe qui détermine si elle est réalisable et souhaitable pour la classe. Une fois une décision prise par la majorité, la motivation et l’investissement des enfants sont présents. Il ne reste au professeur qu’à intégrer au projet les notions décrétées dans le programme officiel…

pédagogie Freinet

Une classe Freinet

Conclusion

Nous rendons nos enfants bêtes en les parquant dans des étables étroites, sans air ni lumière […]. Nous les rendons bêtes parce que nous réprimons brutalement toutes les tentatives d’émancipation […]. Mais nous sommes excusables car notre but n’est point d’éduquer nos enfants, ni de les rendre intelligents, mais seulement de les dresser à subir et à accepter, à désirer même, la loi du troupeau et de la servitude.

Comme les enfants sont acteurs de leurs projets, ils sont beaucoup plus impliqués en classe. Le manque de motivation ou les problèmes de discipline sont donc moins présents. Qui plus est, les enfants sont heureux d’aller à l’école !

Pour aller plus loin :

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Une réflexion sur “La pédagogie Freinet

  1. Pingback: Élever son enfant… autrement | redactibio

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