L’hypnose ericksonienne : comment ça marche ?

Loin des shows à l’américaine, découvrez comment se passe une séance d’hypnose ericksonienne.

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Milton Erickson a créé l’hypnose ericksonienne

Qui est Erickson ?

Psychiatre américain du XXème siècle, Milton H. R. Erickson est devenu célèbre grâce à sa pratique de l’hypnose. Il a, à cette occasion, créé le courant des thérapies brèves. Daltonien et dyslexique de naissance, il contracte la poliomyélite à 19 ans. Paralysé, il mettra son expérience à profit pour développer son sens de l’observation. A force d’auto-hypnose, il réussira à remarcher. Il étudie la médecine, la psychologie et l’hypnose. Psychologue et psychiatre, il développe une méthode de thérapie brève qui lui est spécifique, où il place le patient au cœur de la thérapie.

Qu’est-ce que l’hypnose ericksonienne ?

Cette hypnose induit un état de conscience modifié, un état de rêverie, qui permet à la personne d’aller chercher dans son inconscient les solutions pour résoudre ses problèmes.

Comment se déroule une séance d’hypnose éricksonienne ?

Lors d’une séance, l’hypnothérapeute guide le patient. Assis ou allongé, il passe par plusieurs phases :

  • le relâchement musculaire via une respiration lourde et une prise de conscience du corps,
  • les expériences ressourçantes en pensant à un événement positif,
  • la thérapie en elle-même qui consiste à se relier à ses ressources et ses compétences,
  • la suggestion est la mise en application des compétences.

Dans quels cas utiliser l’hypnose ericksonienne ?

Les indications de l’hypnose ericksonienne sont larges. Elles excluent certaines maladies psychiatriques telles que les états psychotiques et la schizophrénie. Elle est utilisée pour :

  • l’angoisse, le stress, l’anxiété,
  • la dépression,
  • les phobies,
  • les dépendances,
  • l’insomnie,
  • la confiance en soi,
  • la réussite et les succès,
Bruno Materese

Bruno Matarese utilise l’hypnose en thérapie brève

L’interview

Bruno Matarese est hypnothérapeute. Il exerce en cabinet sur Nîmes et Alès et également via Skype. Si besoin, il peut se déplacer à domicile. Il anime des stages de formation à la PNL sur ces deux villes. Il consulte et peut se rendre à domicile pour des difficultés éducatives et guidance parentale. Il a accepté de répondre à nos questions.

Rédactibio : Si vous deviez définir l’hypnose en 3 mots, lesquels utiliseriez-vous ?

Bruno Matarese : Voyage au centre de soi ; réveil volontaire de la partie de nous qui vit la nuit et dort le jour ; ouverture du champ des possibles ; nouveau programme intérieur ; état modifié de conscience.

R : Comment avez-vous connu l’hypnose ?

B. M. : J’ai rencontré, en tant qu’éducateur libéral, un hypnothérapeute vers qui je souhaitais orienter une jeune fille qui avait subi des violences étant plus jeune.  Nous avons parlé de PNL (Programation NeuroLinguistique) que je connaissais depuis quelques années déjà sans y être formé. J’ai alors fait une formation en PNL. PNL et hypnose étant intimement liés, j’ai poursuivi par une formation en Hypnose Ericksonienne. Je suis cartésien, mental et je souhaitais vérifier mes suppositions, dépasser mes croyances et mes limites d’ouverture. J’avais soif d’apprendre, de pratiquer et étais passionné par le comportement humain.

R. : Avez-vous tout de suite voulu être hypnothérapeute ?

B. M. : Non pas de suite (mais de suite… à partir de quel moment?). Je souhaitais me former à différentes techniques de thérapies brèves. L’hypnose était la continuité logique après la PNL. J’apprécie sortir de ma zone de confort, apprendre et découvrir.

Je ne suis pas qu’un hypnothérapeute. Je me définirai plutôt comme un thérapeute utilisant aussi l’hypnose dans sa pratique.

R. : Quels étaient vos objectifs au début de votre carrière ? Et maintenant ? 

B. M. : Au début, je souhaitais pouvoir aider le maximum de personnes en cabinet. Aujourd’hui, toujours bien sûr, mais je souhaite aussi former le maximum de personnes à la PNL et l’auto-hypnose lors de formations que j’anime avec un collègue.

Cela permet aux personnes de devenir leur auto-coach et d’avoir tous les outils pour percevoir les événements de manière différente dans leur vie quotidienne. Par ailleurs, chaque personne formée influence son environnement qui fait évoluer son mode de pensée et de comportement.

R. : Que faisiez-vous avant ?

B. M. : J’ai travaillé 11 ans en foyer en tant qu’Éducateur Spécialisé auprès de familles et de jeunes orientés par les services sociaux ou judiciaires car en danger physique ou moral à leur domicile. J’ai ensuite créé le statut d’Éducateur Libéral dans le Gard dans l’aide éducative et la guidance parentale.

Je suis donc depuis une quinzaine d’années dans l’accompagnement des familles, ados, enfants, couples avec différentes techniques d’accompagnements, pédagogiques et thérapeutiques.

R. : Quelles formations avez-vous suivies ?

B. M. : J’ai suivi la formation d’un organisme de Montpellier « Génération Formationm » en PNL au cours de laquelle j’ai été certifié Praticien PNL. J’ai connu la PNL vers 18 ans lors d’un stage de théâtre pendant une formation BAFA. Cette manière de percevoir le monde, l’autre, soi ne m’a jamais vraiment quitté et lorsqu’au fil des rencontres, on me proposa une formation certifiante, je n’ai pas hésité. J’ai enchaîné avec une formation en hypnose lors desquelles j’ai obtenu une certification Maître-Praticien en Hypnose Ericksonienne.
J’ai ensuite passé un 2ème Maître Prat avec Philippe STAMATIOU afin d’avoir une autre approche, une technique et une pédagogie différente. Mais ce sont les pratiques, les recherches, le style du thérapeute, sa sensibilité, son intuition, son rapport au patient, son énergie qui différencie un thérapeute d’un autre. J’ai mon style, ma manière de permettre aux gens de rentrer en transe, de m’adresser à eux ou plutôt à leur inconscient, de créer le rapport. Autant de pratiques de l’hypnose que de praticiens.

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L’hypnose est utilisé pour entrer en transe

R. : Qu’est-ce que vous apporte l’hypnose ?

 

B. M. : Je suis moi-même souvent en transe quand je pratique l’hypnose. Je suis dans une bulle ouverte. J’observe et garde conscience que l’inconscient du sujet construit ce qu’il a à construire. J’utilise également l’hypnose conversationnelle en discutant simplement. Une manière de converser qui permet à l’esprit du sujet d’intégrer, de ressentir les mots de manières différentes.
L’étude de l’hypnose me permet de mieux comprendre notre cerveau et nos comportements. C’est tellement simple et complexe à la fois. Ma pratique me permet d’être en lien avec les gens, leur quotidien. Je me sens bien, j’ai des émotions, des sensations que je n’ai pas ailleurs. Il n’y a pas de mensonges, je donne de ma personne, je cherche la porte d’entrée, le domino qui fera tomber tous les autres. Je partage la réalité de la vie de certaines personnes pendant une courte période.

Ma pratique thérapeutique me montre chaque jour le courage des gens que j’accompagne. Ils sont TRÈS FORTS ! Ils viennent me voir lorsqu’ils sont fatigués de l’être. Vraiment je leur tire mon chapeau. Ils investissent de l’énergie, des larmes, de l’argent pour redonner sens à leur vie. Nous sommes dans des échanges vrais. Mon cabinet, mon métier sont ma zone de confort et j’ai parfois l’impression de mieux comprendre mes patients que la plupart de mes contemporains.

R.  : Pourquoi recommanderiez-vous à quelqu’un de devenir hypnothérapeute ?

B. M. : Je n’ai pas de raison particulière de recommander à quelqu’un de devenir hypnotiseur. Je peux éventuellement le proposer quand je serai sûr d’avoir à faire à une personne qui ne cherche pas à nourrir son ego ou réparer une blessure personnelle en essayant d’aider les autres. L’hypnose n’est pas un passe-temps, encore moins un jeu. L’humilité est l’essence même d’un hypnothérapeute. Un thérapeute doit avoir travaillé sur lui et continuer pendant qu’il exerce. Ce n’est pas un jeu, ce n’est pas Mesmer ! Les formations en ligne ne devraient pas pouvoir certifier et permettre à des gens d’exercer. Par ailleurs l’apprentissage de l’hypnose sans l’apprentissage de la PNL est pour moi insuffisant.

Je ne sais donc pas pour qui je conseillerai de devenir hypnothérapeute mais je sais à qui je le déconseillerai.

R. : Pourquoi recommanderiez-vous (ou pas) une séance d’hypnose ?

B. M. : Je recommanderai l’hypnose pour n’importe quel symptôme (hors maladie type schizophrénie, psychose…). Encore une fois, l’hypnose est partout et tout le temps. Nous vivons cet état modifié de conscience plusieurs fois par jour, lorsque nous sommes dans la lune par exemple, lorsque nous sommes émus devant un film, plongés, absorbés dans un bouquin. Nous savons que nous sommes là, entendons ce qui se passe autour de nous et en même temps une partie de nous est ailleurs, comme lorsque nous conduisons et n’avons pas pris conscience de toute la route que nous avons parcourue. Dans toutes ses situations, vous étiez en transe, en état modifié de conscience. Il s’agit d’un état naturel !

Ce ne sont pas les problèmes que nous avons qui nous font souffrir mais bien la manière dont nous les vivons, les percevons. Vous avez la possibilité avec cet outil de modifier la perception de la réalité. Il n’y a pas de réalité autre que celle que nous nous créons.

R. : Est-ce adapté à tout le monde ?

B. M. : Je refuse une séance par exemple pour l’arrêt du tabac si la personne met toute la responsabilité de la réussite sur moi ou l’outil en lui-même, si j’estime la motivation de la personne insuffisante. Je refuse en cas de maladie psychiatrique.

L’hypnose est adaptée à tout le monde. L’hypnose étant un état naturel de conscience, tout le monde peut faire l’expérience. Les gens rentreront en transe légère, moyenne ou profonde selon leur volonté.

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L’hypnose ericksonienne est utilisée pour guider le patient vers une solution qui lui est propre

R. : Comment se déroule une séance ?

 

B. M. : Une séance débute par une anamnèse pendant laquelle je prends un certain nombre d’informations me servant à comprendre la problématique de manière globale puis un autre type d’information par une écoute active pendant laquelle je retiendrai les images, les métaphores, les codes de pensées, les programmes psychologiques de la personne pour adapter ma communication à la spécificité de la personne. Le rapport, le lien entre thérapeute et patient est essentiel. La confiance est prioritaire.

Comme je l’ai dit, je n’ai pas que l’hypnose à mon répertoire. J’utilise cet outil généralement après avoir libéré le terrain, fait de l’espace, permis à la personne de reconsidérer certains événements de sa vie, afin que la séance d’hypnose vienne s’insérer avec élégance dans le processus thérapeutique.

J’ai fait des séance pendant laquelle je m’adressais à l’inconscient de la personne pendant environ 1h. Mais le plus souvent pendant la discussion, je demande à la personne de fermer les yeux et je pars sur un jeu mental (j’aime l’appeler ainsi) par rapport à un thème précis. Je peux ainsi dans certains cas poursuivre selon mon inspiration ou bien revenir et poursuivre l’entretien avec un événement reconsidéré et un peu de confusion.

R. : Quel est votre objectif lors d’une séance ?​

B. M. : Mon objectif lors d’une séance est de permettre à la personne de reconsidérer un événement, un problème. Ce n’est pas le problème, une personne ou l’événement en lui-même qui nous fait souffrir mais bien notre manière de le vivre, de le percevoir.

Mon objectif est de permettre à la personne de retrouver toutes les ressources qu’elle a en elle, qui ont existé un jour et donc existent aujourd’hui. Notre inconscient a toutes les ressources dont nous avons besoin. Je permets la connexion entre le conscient et les ressources de l’inconscient, entre des événements et de nouvelles émotions, entre pensée et comportement qui apprennent à penser, à agir différemment.

R. : Aimeriez-vous rajouter quelque chose ?

B. M. : Nous sommes en état d’hypnose plusieurs fois par jour lorsque nous sommes très concentrés par exemple. Il n’y a pas de personnes hypnotisables et d’autres non. L’hypnose est donc pour tout le monde et tout le monde peut vivre cet état. Chacun le vivra à sa manière voilà tout.

Ne pensez pas que l’hypnose est magique et que le thérapeute est un magicien. Le seul magicien, c’est vous. Nous avons tous une baguette magique à l’intérieur de nous. Je vous indique simplement où elle se trouve et vous donne le mode d’emploi. C’est vous le magicien qui agiterez la baguette.

Je suis PsychoPraticien en thérapie brève et suis certifié en PNL, Hypnose, NERTI, EFT et REIKI. J’utilise des thérapies qui s’intéressent moins au « pourquoi ça va mal » qu’au « comment aller mieux ». Je demande régulièrement aux personnes que je rencontre si elles seraient d’accord pour aller mieux sans vraiment savoir pourquoi elles allaient mal. Si elles tiennent à savoir, c’est ok aussi. Nous prendrons un peu plus de temps.

Nous comprenons de mieux en mieux grâce aux progrès de la science et plus particulièrement des neurosciences et de l’imagerie comment agissent les thérapies sur le cerveau particulièrement au niveau des connexions neuronales.

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L’hypnose peut se pratiquer sur soi

Que retenir de l’hypnose ericksonienne ?

Outil des thérapies brèves, l’hypnose ericksonienne permet de trouver en soi les ressources nécessaires pour résoudre ses problèmes et avancer sur son chemin.

Pour aller plus loin :

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