Le jugaad, l’art d’être ingénieux à l’oriental

Le jugaad, mot indien pour système D, ou débrouillardise, est l’essor de la nouvelle économie. Les Européens l’adopteront-ils assez vite ?

Les entreprises des pays développés dépensent des fortunes en recherche et développement, pour un retour sur investissement plutôt faible. Dans le même temps, dans les pays émergents, on créé des réfrigérateurs qui fonctionnent sans électricité, des couveuses qui coûtent 1 % du prix de celles produites en Europe ou encore des panneaux publicitaires qui récupèrent de l’eau potable à partir de l’humidité ambiante. Tout cela sans gros laboratoires, sans groupes industriels à la pointe du progrès ou sans milliards d’investissement. Juste à coup de besoin et de jugaad.

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Ce véhicule fabriqué maison est une forme de jugaad

Qu’est-ce que le jugaad ?

Le jugaad consiste à apporter une réponse à un problème concret, avec peu de moyens disponibles et sans ressources onéreuses. Le but du jugaad est de faire plus avec moins. Si cette façon de faire est aussi vieille que le monde, avec les nouvelles technologies les informations circulent plus vite. On peut donc avoir accès à certains plans des produits plus aisément, et les inventeurs peuvent trouver plus facilement une usine pour produire ne masse leurs inventions. Car une lumière qui fonctionne sans électricité pour 1 dollar ou recharger gratuitement un téléphone portable pendant que l’on pédale sur son vélo, deux exemples parmi tant d’autres de jugaad, permettraient, produits en grand nombre, d’améliorer l’existence de bon nombres de personnes défavorisées.

Et en Occident ?

Cette pratique, intéressante tant sur le plan économique (elle apporte des innovations à moindre coût) que sur le plan environnemental (elle propose des produits non ou peu polluants), inspire aujourd’hui les grands groupes comme L’oréal, Renault-Nissan ou encore la SNCF. Cette forme d’innovation frugale permet en effet de minimiser les coûts pour arriver à un résultat peu onéreux. Si ceci représente un attrait dans des conditions de vie difficile, il l’est de plus en plus en Occident, où les séminaires pour les industriels se développent.

Les fab labs, dont nous avons parlé ici, sont eux aussi une forme de jugaad à l’occidentale.

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Cet arrosoir représente l’idée du jugaad : répondre à nos besoins avec ce qu’on a sous la main

Conclusion

Si le jugaad a pour but de faire mieux avec moins, il encourage les individus à réfléchir par eux-même en sortant des sentiers battus. Dans un contexte économique difficile, avec des ressources de plus en plus rares, ce modèle a de l’avenir devant lui.

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