Le qi gong, maitrise de l’énergie vitale

Le chi gong, ou qi gong, « exercice du qi » ou « maitrise de l’énergie vitale », est une gymnastique originaire de Chine.

Elle consiste en la répétition de mouvements, dans le but de les maitriser. Cela est un préalable afin de prendre conscience du corps, du souffle, de la circulation de l’énergie… On considère que sa pratique est indispensable à la maitrise complète des arts martiaux.

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Le chi gong est une pratique ancestrale en Chine

L’histoire du chi gong

Le qi gong plonge ses racines dans la tradition taoïste. Il serait né au Vème siècle au monastère Shaolin grâce à Bodhidharma. Dès l’Antiquité, l’étude et les exercices sur l’énergie vitale (qi) et le souffle sont très prisés. C’est pourquoi le chi gong s’est développé dans les traditions taoïstes, mais aussi confucianistes et boudhistes.

Il connait un âge d’or au XXème siècle où il se diffuse aussi bien en Chine que dans le reste du monde. Lui Guizhen (1920-1983) est le père du chi gong moderne. Ce cadre du parti communiste soigne un ulcère grâce au qi gong. Ses supérieurs lui demandent alors de diffuser cette pratique, en lui ôtant son caractère religieux. En 1949 cette pratique est adoptée par le régime et elle est pratiquée dans 70 centres répartis dans toute la Chine. Lors de la révolution culturelle, le chi gong est interdit. Il est tout de même transmis de maîtres à élèves de manière clandestine. Il sera à nouveau pratiqué publiquement dans les années 1970. A la fin de la décennie, des études scientifiques montrent que le qi est mesurable. Ce faisant, le qi gong ne fait plus partie des religions. Il est alors autorisé. Sa pratique sera même encouragée par certains dirigeants chinois qui y voit une façon d’améliorer la santé de la population à moindre frais.

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Le symbole du falun gong est composé de 4 taiji et de 5 swatiska

Le cas du falun gong

Le falun gong est l’une des branches du chi gong. C’est une pratique ancienne dont la transmission au public à commencé en 1992. Elle se répand comme une trainée de poudre et 7 ans plus tard, on compte 7 millions de chinois la pratiquant. Le parti communiste chinois y voit une opportunité pour renforcer son contrôle. Cela aura l’effet inverse et le falun gong sera rapidement perçue comme une pratique indépendante de l’état. Le gouvernement commence en 1999 une campagne de persécution des pratiquants du falun gong et crée le bureau 6-10, organe présent à tous les niveaux de l’Etat chargé de réaliser une campagne de discrimination et de propagande.

Janig Helaine

Janig Helaine donne des cours de chi gong dans le Morbihan

L’interview

Janig Hélaine est professeure de chi gong. Elle a accepté de répondre à nos questions.

Rédactibio : Si vous deviez définir le Qi gong en 3 mots, lesquels utiliseriez-vous ?

Janig Hélaine : Le Qi Gong est un « art énergétique interne ».

Le Qi Gong est souvent décrit comme une gymnastique chinoise douce.

Cette pratique, qui s’aborde en effet tout en douceur, sur la base de séries de mouvements réalisés avec lenteur, engage pourtant un travail énergétique profond.

Le « travail du souffle » ou « travail de l’énergie » (traduction de Qi Gong) apporte un bien-être physique et harmonise les émotions et le mental.

R. : Comment avez-vous connu le Qi gong ?

 J. H. : Il y a une quinzaine d’années, j’ai recherché une pratique pour mieux me sentir dans mon corps, me relaxer, améliorer mon sommeil… J’ai d’abord pratiqué le yoga postural, puis lors d’un forum des associations à Pontivy, j’ai découvert le Taï Chi Chuan, qui m’a tout de suite séduit par la beauté des enchaînements et la sérénité qui se dégageait de la démonstration.

J’ai découvert le Qi Gong au fil des années de Taï Chi, car mon enseignant, Michel Briaucourt de l’association Harmonie, utilisait des mouvements de Qi Gong en ouverture de ses cours.

Je me suis passionnée pour ces disciplines, que je pratiquais assidument, jusqu’à 3 cours par semaine, plus la pratique personnelle à la maison.

Quand une de mes enseignantes, Gwenaëlle Baudoux de l’association Ômatha, a proposé une formation approfondie de Qi Gong sur 3 ans, j’ai saisi l’opportunité.

Me former en Qi Gong, c’était prolonger et compléter la pratique du Taï Chi, aller plus loin dans le développement de la conscience du corps et de la circulation de l’énergie*, en un mot affiner le travail « interne ».

* cette notion d’énergie peut paraît abstraite voire ésotérique quand on ne la connaît pas, mais elle est ancrée dans la culture chinoise. Pensez par exemple aux points des méridiens utilisés en acupuncture ou en massage shiatsu, c’est le même principe : dénouer, défaire des blocages, faire circuler le long de ces chemins l’énergie vitale naturelle.

R. : Avez-vous tout de suite voulu être praticien ?

J. H. : Pas du tout ! Au départ, j’étais vraiment en recherche d’une pratique personnelle, pour me faire du bien.

C’est avec les années de pratique que l’envie est venue d’enseigner. A la fois pour participer à la transmission des pratiques que j’ai reçues, et pour me perfectionner. Car enseigner demande une pratique plus exigeante, plus de discipline, ce dont j’avais besoin pour continuer à progresser.
Cela s’est fait petit à petit : j’ai d’abord eu l’occasion de remplacer mon enseignante à deux reprises au pied levé, et l’expérience m’a plu, puis elle m’a proposé de reprendre deux de ses cours le lundi soir à Camors, puis l’année suivante j’ai ouvert un nouveau cours le mardi soir à Baud.
R. : Quels étaient vos objectifs au début de votre carrière ? Et maintenant ?
J. H. : La notion d’évolution de carrière ne colle pas tellement avec ces pratiques, à mon sens, car le Qi Gong est un éternel recommencement, une étude sans fin, et au fur et à mesure qu’on enseigne aux autres, on s’enseigne à soi-même… On enseigne un peu toujours la même chose en fait, même si concrètement on change de séries chaque année pour varier les supports, mais en travaillant les mêmes notions on découvre sans cesse de nouvelles dimensions au travail !
R. : Que faisiez-vous avant (si vous avez exercé dans un autre domaine) ? Depuis combien de temps exercez-vous ?
J. H. : Je suis professeure des écoles de formation initiale et j’enseigne depuis 16 ans, aujourd’hui à mi-temps à l’école pour pouvoir continuer à me former et à développer mes nouveaux cours et ateliers Taï Chi Chuan, Qi Gong, Danse libre, ateliers voix, Life/Art Process…

J’enseigne le Qi Gong et le Taï chi depuis 2 ans.

R. : Quelle(s) formation(s)/école(s) avez-vous suivie(s) ?

J’ai suivi une « formation professionnelle de Qi Gong » délivrée en partenariat par l’association Ômatha (Morbihan) et Les Temps du Corps (Paris)

Cette formation s’est déroulée sur 3 années, principalement dans le Morbihan, ce qui était une opportunité au niveau logistique et financier.
Le partenariat qui s’était mis en place permettait de continuer à apprendre de mes enseignants habituels et dans le même temps de profiter de l’enseignement de Ke Wen, et des maîtres chinois invités pour la formation.
Depuis je poursuis ma formation par des stages ponctuels. Les Temps du Corps restent une belle ressource, mais j’aime aussi me former avec l’APEC à Redon, qui fait régulièrement venir des maîtres chinois.
chi gong

Le qi gong peut se pratiquer partout

R. : Qu’est-ce que vous apporte le Qi gong ? Quels bénéfices en tirez-vous ? Pourquoi avoir choisi cette discipline ?

J. H. : Au départ pratiqués comme loisirs, le Taï Chi et le Qi Gong ont finalement accompagné des prises de conscience et des changements dans ma vie. Le travail du corps et de la respiration réalisé dans l’esprit du Qi Gong permet en effet de mieux se connaître et de gérer différemment les événements de la vie quotidienne, les relations… Pour moi, c’est une belle ressource, une richesse, toujours disponible.

R. : Pourquoi recommanderiez-vous (ou pas) à quelqu’un de pratiquer le Qi gong?

J. H. : Cette question me fait penser à une personne avec qui j’ai parlé ce matin, une élève débutante. Il y a deux ans, je lui ai conseillé le Qi Gong car elle se sentait bloquée de partout, physiquement, avec des douleurs articulaires importantes, et je voyais que lorsqu’elle voulait tourner la tête, c’était tout le haut du corps qui venait en bloc. Elle a fini par s’inscrire cette année, et à la fin de la première séance elle se sentait « comme après une bonne séance d’ostéopathie », selon ses propres mots, et au fur et à mesure de l’année, elle apprend à se réapproprier son corps et trouve de plus en plus de confort physique et de détente.

C’est la première porte d’entrée à la pratique du Qi Gong : la recherche du bien-être physique, l’envie d’un corps plus confortable, plus détendu, plus délié.

Il y a d’ailleurs plusieurs kinésithérapeutes qui m’adressent certains patients, qui n’ont pas de pathologie lourde mais qui « récidivent » dans leurs blocages, pour les mettre sur la voie de la prise de conscience de leur corps, de leur posture, des tensions musculaires… dans l’idée de les rendre plus autonomes face à leur corps.

Mais avec le Qi Gong, on ne touche pas seulement au physique : une tension psychique, ou émotionnelle, une tendance à stresser au quotidien, peut également être une indication pour démarrer la pratique, qui apporte beaucoup d’apaisement aux personnes dont le mental « cause » en permanence, qui ont toujours 10 000 idées ou questions en tête, qui n’arrivent pas à se poser. L’apprentissage des mouvements, l’harmonisation des gestes et de la respiration, sont un support pour calmer le mental, c’est la dimension méditative du Qi Gong.
Je dirais que toute personne qui a besoin, envie de « prendre soin de soi-même » que ce soit physique, émotionnel, mental, trouvera des bienfaits dans un cours de Qi Gong.

R. : Est-ce adapté à tout le monde ? Dans quels cas (s’il y en a) refusez-vous une séance ?

J. H. : Le Qi Gong est une pratique très accessible, sans esprit de performance, qui n’est pas basée sur l’effort physique. Je ne refuse pas d’élève. Tout le monde peut pratiquer. Pour des cas particulier (blessures, femme enceinte, personnes à mobilité réduite…) il faut évidemment adapter.

J’invite chacun à être à l’écoute précise de son propre corps et, le cas échéant à l’écoute des sensations, des douleurs qui peuvent se réveiller dans la pratique. La douleur est un message donné par le corps, à chacun d’apprendre à l’écouter : « j’ai une tension au niveau des épaules », ou « je vais trop loin dans l’étirement », ou « mon pied est mal positionné par rapport à mon genou »…
S’il y a une difficulté physique importante avant de démarrer le Qi Gong, elle ne sera pas résolue en un cours ! Par contre on peut progressivement transformer les habitudes du corps et aller vers une amélioration.
Dans des cas où il y a besoin de rééducation fonctionnelle, le Qi Gong est également très intéressant, car il permet de travailler en douceur et en profondeur, à son propre rythme.
 

R. : Comment se déroule une séance ? Combien de temps dure-t-elle ? A partir de quel âge ?

J. H. : Mes cours hebdomadaires durent 1 heure et sont destinés à un public adulte.

 Le déroulement est variable, mais globalement

  • je commence par un temps « pour arriver », faire la transition entre la journée de travail et la séance, se centrer, se mettre en connexion avec son corps et sa respiration.
  • Puis un temps de préparation physique, d’échauffement si on veut, qui est déjà de la pratique, où on va mobiliser les articulations en douceur, faire des étirements, structurer la posture… On peut également utiliser les auto-massages (Do In) pour préparer le corps et stimuler la circulation de l’énergie.
  • Ensuite on travaille souvent en suivant une « série » de mouvement, qui est le support pour le travail de posture, gestuelle, respiration, conscience, relaxation… Cette année je propose le « Qi Gong contre les douleurs » et le « Dao yin Bao Jian Gong » autrement appelé le « Qi Gong général pour la santé ».
  • Il est nécessaire de passer par l’étude détaillée (comprendre la coordination des bras, jambes, etc…) qui est plus ou moins difficile selon les mouvements. J’alterne souvent les moments d’étude et les moments de pratique plus fluide, relâchée, sur des mouvements bien connus.
  • Ainsi je termine la plupart du temps une séance par un Qi Gong « facile » puis un retour à soi et un état des lieux : où me dépose la pratique aujourd’hui ? puis sortie de la pratique.

Je propose également des sorties pour pratiquer dans la nature, en forêt de Camors ou sur les plages d’Erdeven : marche et pratique durent environ 2h30.

R. : Quel est votre objectif lors d’une séance ?


J. H. : Permettre aux participants de profiter de ce temps, cette parenthèse qu’ils s’offrent dans la semaine, pour eux.
Leur offrir des outils, des ressources pour développer leur propre pratique, pour entrer dans « l’état de pratique », « l’état du Qi Gong » qui stimule l’énergie vitale et procure la détente physique et l’apaisement du mental.

R. : Aimeriez-vous rajouter quelque chose ?
J. H. : J’aime souligner la richesse du Qi Gong, à la fois art corporel, pratique de santé de la médecine chinoise, pratique spirituelle.
Que l’on vienne pour faire sa « gym douce » ou pour « se poser », ou encore pour développer sa « conscience intérieure », toutes les motivations sont les bienvenues, car, dans notre vie moderne où nous devons souvent gérer vie familiale, sociale, professionnelle à 200%, elles mettent les participants sur le chemin du bien-être et du calme intérieur. 

asso le phoenix rougeLe Phoenix Rouge

Association Loi 1901

5 rue de l’étoile
56330 Camors
02 97 39 24 60

Conclusion

Le chi gong est une pratique ancestrale qui apporte un mieux-être et aide à déverrouiller certains maux physiques, émotionnels ou psychiques. Connaissez-vous cet art énergétique ? Qu’en pensez-vous ?
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Une réflexion sur “Le qi gong, maitrise de l’énergie vitale

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