C’est pour ton bien d’Alice Miller – 3

La pédagogie noire décrite dans C’est pour ton bien est une forme d’éducation avec laquelle il est difficile, mais pas impossible, de rompre.

La première partie de C’est pour ton bien traite du conditionnement provoqué par la pédagogie noire, qui empêche les enfants de se rendre compte des sévices subis au nom de l’éducation. La deuxième partie nous expose les dégâts qu’elle cause chez les enfants, même lorsqu’ils sont devenus grands. Cette troisième et dernière partie nous expose les moyens d’en sortir.

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C’est pour ton bien d’Alice Miller aux éditions Aubier

3. Angoisse, colère et deuil, mais pas de sentiment de culpabilité sur la voie d’une réconciliation

Les manuels d’éducation des siècles derniers regorgent de moyens d’empêcher les enfants de se rappeler les mauvais traitements qu’ils ont subi. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont répétés de génération en génération. Mais quelles solutions existent pour en sortir. Les religions proposent le pardon. Or il est compliqué de pardonner lorsqu’on ne sait pas ce que l’on nous a fait, ni pourquoi. S’il y a pardon, il aura lieu au prix de la négation de la vérité. Et ce faisant les religions attisent les haines au lieu de les vaincre.

Le véritable pardon doit passer par la colère. Ce n’est que lorsqu’on a pu exprimer la haine et la rancœur que l’on porte que l’on peut pardonner. Mais pour se faire, il faut avoir accès à la totalité de ses souffrances. Ceci mènera à la compréhension.

Les parents, même les mieux intentionnés, ne peuvent empêcher les frustrations de leurs enfants. Mais ce n’est pas les frustrations qui peuvent leur causer des problèmes psychologiques, c’est l’interdiction d’exprimer ces frustrations. Cela provoque chez l’adulte toutes sortes de troubles psychiques, de la reproduction de ses comportements sur ses enfants à la toxicomanie ou encore au suicide.

La haine est un sentiment. Elle ne peut donc pas causer de tort. Cependant la répression de la haine dans l’enfance pousse bon nombre de personnes à penser qu’ils peuvent nuire avec ce sentiment, ce qui les force à la refouler encore plus. Ils développent alors des maux physiques ou psychiques. La seule expression de leur sentiment de haine permet de les en libérer. La haine vécue ne conduit pas à la violence, seulement celle qui s’est accumulée intérieurement, comme le démontre le cas d’Adolf Hitler (voir partie 1).

Lorsque les parents ont eu à souffrir de l’autorité d’un parent tyrannique sans pouvoir s’en défendre, ils ressentent les besoins normaux de leurs propres enfants comme tyranniques. Les enfants peuvent alors y réagir de manière à représenter le grand-parent agressif. Il convient alors de ne pas traiter le patient pour ses pulsions, mais de comprendre les racines de ce comportement. Le travail de deuil de ce qui s’est réellement passé en permet une modification.

Les personnes éduquées par la pédagogie noire peuvent être triste en se rendant compte qu’une autre façon de faire est possible. Le refoulement imposé des sentiments ne contribue en fait qu’à les faire grandir, alors qu’ils passent vite si on les laisse s’exprimer. En outre, la répression provoque envie et haine, alors qu’un individu qui n’aurait pas été élevé selon ces principes ne les ressent pas. Il peut être dur d’intégrer que cette répression n’est pas en fait une valeur culturelle dont on peut être fier mais un appauvrissement. En passant par le deuil et la colère, on peut éviter le cercle de la répétition.

C'est pour ton bien

Sortir de la pédagogie noire peut nous aider à mieux accompagner nos enfants

Les manipulations de l’enfant par la pédagogie noire l’empêchent de pouvoir réfléchir quand un ordre lui vient d’une personne ayant autorité. Cela peut être un parent, un professeur, ou bien encore un employeur ou un représentant du gouvernement. C’est par ce biais que les régimes peuvent faire se soulever toute une population pour les mener sur le champ de bataille ou exterminer une autre ethnie. Il convient donc de bien réfléchir à la façon dont nous élevons nos enfants.

C’est pour ton bien, Racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, in l’essentiel d’Alice Miller, Alice Miller, 280 p., ed. Flammarion

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